Attachement Évitant-Dédaigneux

Pourquoi la proximité vous donne-t-elle envie de disparaître?

Attachement Évitant-Dédaigneux
ECR-R - Bowlby et Ainsworth

L'attachement évitant ressemble souvent à une force: indépendance, sang-froid, capacité à ne dépendre de personne et contrôle rapide de soi. Sous cette façade posée se cache souvent une conclusion ancienne: la proximité n'est pas sûre, les besoins doivent rester cachés et les sentiments ne doivent pas être montrés. Une personne évitante peut aimer sincèrement, manquer à quelqu'un et avoir besoin de son partenaire, mais dès que l'intimité devient réelle, son système d'attachement la lit comme un danger et la ramène vers la distance et le contrôle.

Traits clés

Vous tenez fortement à votre autonomie et devenez vigilant quand la relation demande plus d'engagement émotionnel
Vous avez tendance à couper vos émotions et à vous réfugier dans le travail, les tâches ou le silence quand le partenaire cherche le contact
Vous remarquez les défauts du partenaire surtout quand il devient plus proche et vulnérable
Vous demandez rarement de l'aide et vivez souvent la dépendance comme une faiblesse ou une perte de contrôle

Comment ça fonctionne

L'attachement évitant se construit quand l'enfant rencontre à répétition une indisponibilité émotionnelle. Les adultes peuvent nourrir, habiller, accompagner à l'école et assurer l'ordre extérieur, mais répondre à la peur, aux larmes, à la tendresse ou au besoin de réconfort par la froideur, l'irritation ou des messages comme arrête de pleurer, débrouille-toi, ne sois pas faible. Le psychisme apprend que les besoins sont dangereux car ils exposent à la honte ou au rejet. Dans l'amour adulte, cela devient une stratégie de désactivation: quand le partenaire demande de la proximité, le cerveau ne l'entend pas comme de l'amour, mais comme une menace pour la liberté. La personne rationalise, dévalorise, cherche une sortie, s'occupe ou se fige émotionnellement. Ce n'est pas une absence de sentiments. C'est une façon d'éviter la douleur d'avoir besoin de quelqu'un.

Les recherches sur l'attachement adulte relient le style évitant non pas à l'absence de besoin de proximité, mais à la suppression de ce besoin et à une moindre tendance à demander du soutien.

Psychologie

Au niveau du système nerveux, le style évitant désactive le système d'attachement. Au lieu de l'hyperactivation anxieuse, on observe une inhibition: moins de signaux conscients de douleur, moins de besoins reconnus, plus de contrôle et d'explications rationnelles. Le modèle interne décrit par Bowlby ressemble à ceci: je dois me débrouiller seul, les autres ne sont pas fiables, la proximité coûte trop cher. Ainsi, la personne peut sembler calme alors que son corps réagit à la dépendance par tension, irritation ou envie de partir.

L'indépendance défensive cache souvent non pas une liberté vis-à-vis de l'attachement, mais la peur de dépendre à nouveau d'une personne indisponible.

- Mikulincer & Shaver

Sous-type 1

Évitant désactivateur

Coupe les émotions sous pression: devient sec, logique, occupé ou inaccessible. Plus tard il peut ressentir le manque, mais au moment de la proximité il se sent saturé.

Sous-type 2

Évitant dévalorisant

La proximité déclenche la recherche de défauts: le partenaire devient trop exigeant, trop émotionnel, gênant ou pas le bon. Dévaloriser redonne du contrôle.

Sous-type 3

Évitant pseudo-indépendant

Est fier de n'avoir besoin de personne, mais paie souvent cela par la solitude. À l'extérieur cela ressemble à de l'autonomie mûre, à l'intérieur c'est l'interdit de demander de la chaleur.

Profil du style en chiffres

1-3 sur 7

Anxiété d'attachement ECR-R

5-7 sur 7

Évitement d'attachement ECR-R

20-25%

Part dans la population

Exemple clinique

Igor s'était toujours vu comme quelqu'un sans drame inutile. Quand sa partenaire Lena lui demandait de parler plus souvent de ses sentiments, il s'irritait et répondait que tout était déjà évident. Après les disputes, Igor se réfugiait dans le travail, pouvait ne pas écrire de la journée et pensait simplement laisser tout le monde se calmer. Lena le vivait comme un rejet, et Igor ne comprenait pas pourquoi elle voulait encore plus de contact. En thérapie, il a remarqué pour la première fois que son irritation apparaissait précisément quand on attendait de lui une ouverture émotionnelle. Dans son enfance, pleurer était interdit et demander du soutien faisait honte. Peu à peu, Igor a appris à ne pas fuir tout de suite, mais à dire: j'ai besoin d'une demi-heure et je reviens à la conversation. Pour leur couple, cela a tout changé.

PrismaTest

Contenu préparé par l'équipe PrismaTest à partir de la théorie de l'attachement de Bowlby et Ainsworth et de la méthodologie ECR-R de Fraley, Waller et Brennan (2000). Toutes les recommandations s'appuient sur la recherche clinique contemporaine (Mikulincer & Shaver, 2007) et sur plus de 1000 études publiées sur l'attachement adulte.